L’éclairage de sécurité est souvent traité en fin de projet, une fois l’éclairage général défini. Résultat : des corrections coûteuses lors de la réception. Voici les erreurs que nous rencontrons le plus fréquemment, et nos conseils pour les éviter.

1. Confondre balisage et éclairage

Un pictogramme de sortie indique la direction, mais n’éclaire pas suffisamment le sol. Les chemins d’évacuation doivent recevoir un éclairement d’au moins 1 lx sur l’axe central (pour une largeur jusqu’à 2 m) selon la SN EN 1838. Il faut donc prévoir des luminaires d’éclairage en complément des blocs de signalisation.

2. Choisir la taille du pictogramme au hasard

La distance de reconnaissance d’un pictogramme dépend de sa hauteur : environ 100 fois la hauteur pour un signe éclairé de l’extérieur, 200 fois pour un signe éclairé de l’intérieur. Un pictogramme trop petit au bout d’un long couloir n’est tout simplement pas lisible.

3. Oublier les escaliers et les points d’attention

Escaliers, changements de niveau, intersections, extincteurs, boutons d’alarme : ces emplacements doivent être éclairés spécifiquement. Ils sont pourtant régulièrement oubliés sur les plans.

4. Négliger l’éclairage anti-panique

Dans les grandes surfaces ouvertes (plus de 60 m²), une salle sans chemin d’évacuation défini doit tout de même être éclairée pour éviter la panique : 0,5 lx minimum sur la zone centrale, à l’exclusion d’une bande de 0,5 m en périphérie.

5. Ignorer l’uniformité

Un éclairement suffisant en moyenne ne suffit pas. La SN EN 1838 limite le rapport entre éclairement maximal et minimal à 40:1. Des luminaires trop espacés et trop puissants créent des zones d’ombre dangereuses, surtout pour un œil qui doit s’adapter brusquement à l’obscurité.

6. Mal dimensionner l’autonomie

En Suisse, une autonomie d’1 h est en général le minimum pour les voies d’évacuation. Certains bâtiments ou affectations peuvent toutefois exiger 3 h selon l’autorité de protection incendie. Vérifiez cette exigence dès le départ : elle influence le choix des batteries et parfois du système.

7. Penser à l’installation, pas à l’exploitation

Un bâtiment de 300 blocs autonomes simples implique 300 vérifications manuelles chaque mois. Sur la durée de vie de l’installation, ce coût dépasse souvent largement l’économie réalisée à l’achat. Un système autotest, adressable (DALI-2, DATA 2) ou centralisé (TM-CBM) mérite d’être étudié dès la conception.

Notre recommandation

  • Intégrer l’éclairage de sécurité dès l’avant-projet.
  • Réaliser une étude photométrique plutôt qu’une implantation « au jugé ».
  • Valider le concept avec l’autorité de protection incendie compétente.
  • Choisir le système de supervision en fonction de la taille du bâtiment et de l’exploitant.
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